11 NOVEMBRE 2025
Monsieur le Sénateur, Mesdames et Messieurs les élus municipaux, Mesdames Messieurs, chers amis,
Permettez-moi tout d’abord, de saluer notre porte-drapeau toujours fidèle à ces moments de mémoire, et les enfants du Noyer en Ouche qui se sensibilisent ainsi à ce devoir de mémoire qui leur incombera dans les années à venir car rappelons-le, sans engagement, sans mobilisation, ce devoir du souvenir est menacé.
Parce qu'un homme sans mémoire est un homme sans vie, un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir. Cette citation du Maréchal Foch résume à elle-seule la raison, et surtout l'impérieuse nécessité de notre présence aujourd'hui devant notre Monument aux morts.
Le 11 novembre 1918, l'Armistice est signé dans le train du Maréchal Foch afin de faire cesser immédiatement les terribles combats de la Première Guerre mondiale. La clairière où est signé l'Armistice devient ainsi le symbole de la Victoire, de la paix et de l'hommage à ceux qui ont donné leur vie pour la France.
Nous nous rassemblons aujourd’hui, pour commémorer le 107e anniversaire de l’Armistice du 11 novembre 1918, jour où, après plus de quatre années de souffrances indescriptibles, la France et ses alliés obtenaient enfin, la fin des hostilités. En cette journée de mémoire, nous rendons hommage aux combattants, aux familles endeuillées, et aux civils éprouvés par la guerre.
En France, cette guerre a bouleversé toutes les vies, marqué chaque famille et transformé à jamais la conscience de notre nation. En 1918, notre pays portait déjà des cicatrices profondes, non pas des destructions matérielles du front, mais des pertes humaines, des absences qui hantaient chaque rue, chaque foyer. Des milliers de français avaient rejoint les tranchées, et parmi eux, beaucoup ne sont jamais revenus. Ceux qui ont survécu sont revenus brisés, affaiblis, mais profondément marqués par l’horreur de ce qu’ils avaient vécu. C’est donc une France éprouvée, mais unie dans la douleur, qui a accueilli la nouvelle de l’Armistice.
Lorsque ce 11 novembre, les cloches ont sonné pour annoncer la fin des combats, la joie a été immense mais mélangée à un chagrin et une gravité silencieuse. On pleurait les morts, mais on se tournait déjà vers l’avenir. Clemenceau, alors président du Conseil, disait avec cette force qui le caractérisait : Il faut continuer. Nous avons fait le plus dur, nous devons faire le reste. Cet appel à la résilience, à l’effort et à l’espoir a résonné partout en France, et a été accueilli comme une injonction à la reconstruction, à la renaissance.
Mais que signifie faire le reste en cette fin d’année 1918? Cela signifiait pour chacun de retrouver, autant que possible, une vie normale, de soutenir ceux qui revenaient du front et de reconstruire un tissu social, une économie locale affaiblie par la guerre.
Les femmes, qui avaient tenu les usines, les fermes, les commerces, les écoles en l’absence des hommes, ont joué un rôle essentiel dans cette reprise. Elles ont continué donc à travailler, d’élever leurs enfants et de porter en elles la mémoire de ceux qui étaient tombés.
Les villes se sont également dotées, dès les premières années après la guerre, de monuments pour honorer leurs morts. Le monument aux morts du Noyer en Ouche, témoigne encore aujourd’hui de la reconnaissance de la commune envers ses héros, et de la nécessité de garder vivante la mémoire de leur sacrifice. Pour chaque nom gravé dans la pierre, une vie a été perdue, une famille endeuillée, mais aussi une histoire qui a contribué à construire notre liberté.
Aujourd’hui, alors que nous commémorons cet événement, nous pensons à l’héritage que nous ont laissé ces générations qui ont traversé l’horreur, puis se sont relevés, ensemble. À travers l’épreuve de cette guerre, ils nous ont montré le prix de la liberté, de la paix, et de la fraternité.
Leur souvenir nous rappelle notre responsabilité d’œuvrer pour que ces idéaux perdurent.
Georges Clemenceau, le « Père la Victoire », connaissait mieux que quiconque l’ampleur du sacrifice consenti. Lui qui avait parcouru les tranchées pour encourager les troupes, lui qui avait partagé le quotidien des soldats, avait mesuré la gravité de chaque perte humaine. Il affirmait, et ces mots résonnent encore pour nous : La guerre est une chose trop grave pour être confiée à des militaires. Par-là, Clemenceau soulignait la responsabilité de chacun d’entre-nous, de défendre et préserver la paix, non seulement en temps de guerre, mais aussi en temps de paix.
La paix n’est jamais acquise, elle se construit chaque jour, par notre engagement à tous.
Vive la paix, vive la République et vive la France !